AU FIL DU PROGRAMME

Guérillères

Avec l'Atheneum, centre culturel de l'Université de Bourgogne

Les textes écrits le 16 mars 2022

où l'on enrichit le dictionnaire...

Le cernicar est un car qui est conduit par quelqu’un qui a des cernes tout le temps et qui n’arrive pas cerner les gens. Le conducteur du cernicar s’appelle le cernico. Quand il monte dans le car, il est immédiatement fatigué, qu’il soit en forme ou pas. Le cernicar est invisible sauf pendant les arrêts. Sa couleur est rojaornorovi. C’est une couleur très rare mais qui permet de rendre le cernicar invisible. Des fois, le cernicar passea sous le nez des gens sans qu’ils s’en aperçoivent. Les contrôleurs du bus s’appellent les courtraam. Les voyants du cernicar sont aussi invisibles. À peine, vous êtes montés, vous êtes déjà arrivés. Le cernico peut se reposer, le siège conduit sinon c’est le rétroviseur. Alors bon voyage !!! Avec le cernicar, tu ne seras pas en retard.

Adrien Lepetit

Définitions :

 

Pétrichor : Nom masculin. Désigne l’action de pétrir avec son corps. L’objet de la pétrifaction est multiple : matière vivante, inerte, solide, liquide… Cette technique s’est développée progressivement suite à la raréfaction croissante de l’industrie manufacturière du pétrissage, laissant libre cours à l’être humain et son imagination débordante pour trouver une alternative. Finalement dépourvu d’imagination et du sens de l’orthographe, l’être humain a choisi son corps comme outil de pétrission, jugeant les animaux trop pileux pour cette action.

Les pétrichorteurs et pétrichorteuses se distinguent ainsi par leur absence intégrale de système pileux, éliminé par radiation nucléaire.

 

Foutriquet : Nom donné aux producteurs de semences reproductives de tous types, au cours du XXI et XXIIe siècle. Grands consommateurs de bananes et de caféine, les foutriquets ont disparu en même temps que ces espèces végétales, les carottes et navets ne donnant manifestement pas les mêmes résultats sur la production industrielle des dites semences.

 

Clinamen : Déesse grecque de la chute sans fin. La légende raconte que Clinamen, se refusant aux avances perverses de Zeus, tomba un jour en tentant de lui échapper dans un précipice qui conduisait en fait à la voie lactée. Depuis elle tombe sans fin dans la voûte céleste et lorsque sa chute croise celle d’une étoile, cette dernière se met en mouvement et devient filante.

 

Puna : Réductif de punaise. Caractérise une personne pénible. Synonyme : Punible.

 

La libérameauteure

La libérameauteure réalise son besoin irrépressible d’écrire ses meaux lors de réunions hebromadaires dans un lieu généralement propice à l’accouchement à une bosse. L’acte libérateur se traduit traditionnellement par l’expulsion d’une lecture à haute voie, produisant tambours et trompettes et parfois trempêtes de lacrymeaux à l’autre bout de la planète. La libérameauteure a besoin d’une spécialiste de l’accouchement ; Cette dernière éructe une formule qui entraîne un tourbillon facilitant le tournage de la maiëunaise, libérant zau bout de vingt minutes bien tassées les meaux accomplis. Le répit pour la libérameauteure est de durée variable, parfois saisonnale, toujours nominale, jamais meauxrtadelle.  

Nicdasse

Clinamen : 

1. nom neutre, apparu au XXIIIe siècle alors que la température de l’atmosphère terrestre a augmenté depuis le milieu du XXIe siècle. Origine du terme indéterminée. Concept inventé par Sœur Marie-Charlotte de Luxembourg, afin d’améliorer les conditions de vie dans les Églises et les abbayes surchauffées, le (ou la) clinamen est une réinvention de la climatisation, qui obéit au même procédé, auquel on a ajouté une fonction “chant d'Église", qui parfois diffuse comme son nom l’indique, des cantiques se terminant par “Amen”. Utilisé très souvent lors des messes, des mariages et des enterrements, assez coûteux, il est néanmoins accessible à ceux qui préfèrent rester chez eux : Sœur Marie-Charlotte de Luxembourg a pensé aux personnes éloignées des Églises, celles qui ne supportent pas la canicule et celles qui ont la flemme de se déplacer. Il portait à l’origine le nom de Climamen, cependant, Sœur Marie-Charlotte a jugé la répétition du “m” inconvenante et a remplacé le terme par Clinamen, dans la mesure où le prototype, en plus de diffuser de l’air, nettoie les impuretés de l’atmosphère, le rendant clean.

Elle a reçu pour cela le prix Nobel d’invention intelligente.

 

2. n.f., nom d’une fleur naturellement bleue poussant autour des bâtisses en pierre, principalement à proximité des lieux saints ou sacrés. 

 

 

Passpouêt :

Le passpouêt (à ne pas confondre avec le passtût, qui n’est ni une forme injurieuse du pastis ni le fait de verser le pastis dans une flûte mais qui se révèle bien plus fort au niveau de la sonorité, puisqu’il s’agit d’une sorte de klaxon remasterisé et légèrement modifié pour avertir les conducteurs un peu trop pressés les priorités  de passage. Le concept a mis un certain temps à se mettre en place, les entrepôts de voiture abîmées (ou casses) ont dû élargir la superficie de leurs terrains, mais finalement, le passtût a remplacé certains panneaux de signalisation et s’accorde sans mal avec les clignotants, capable de s’activer en même temps qu’eux ou de les activer si le conducteur tourne sans prévenir), est un oiseau pastoral de la famille des passereaux, aux couleurs vives et chatoyantes, assez aisé à observer mais impossible à apprivoiser. Habitant principalement au bord des rivières, qu’elles soient de campagne ou qu’elles coulent en montagne, le passpouêt est réputé pour son cri assez spécifique et, soyons honnêtes, fort désagréable, qui jaillit des deux excroissances de forme “boulique” apposées de part et d’autre de son bec, lui donnant l’apparence d’un hamster ou d’une caricature de chouette, ce qu’il n’aime pas trop qu’on lui rappelle (et la chouette non plus d’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les deux volatiles ne peuvent pas s’enchanter). Le cri du passpouêt est comparable au bruit d’un klaxon poids lourd, d’une fuite aérophagique, d’un moustique sous kérosène ou d’une mouche qui n’a pas ralenti avant l'obstacle, les avis varient mais chaque réponse est la bonne. Celle qui revient le plus souvent est la suivante : “Le chant du passpouêt est aussi agréable à écouter/entendre que le son d’un instrument à cordes qui aurait été enduit de colle ou badigeonné d’huile”. Pour donner une idée, un bruit suscitant ou la perplexité, ou le dégoût, ou les deux ensembles.

Le point positif, c’est qu’il ne rencontre quasiment aucun prédateur. L’oiseau se nourrit principalement de fruits très (voire trop) mûrs et de “déchets” naturels entourant certaines plantes. Il lui arrive aussi de manger des vers d’eau et des petits cailloux. 

Le seul animal que son chant ne repousse pas n’est autre que la passtafiore, la femelle passpoûet, aux couleurs aussi chatoyantes et dont le chant est capable d’endormir, apaiser, rassurer tout être vivant passant à proximité. Ses harmonies sont utilisées lors de certaines séances d’hypnose et de méditations, et elles accompagnent volontiers les chœurs d’opéra, à la seule condition que ces derniers chantent dehors. Les passtafiores ne se laissent pas du tout approcher. La particularité de cette espèce d’oiseaux est que ce sont les femelles qui se “battent” pour faire  la cour aux mâles (le chant du mâle ne les repousse pas mais ne les séduit pas non plus, c’est surtout le côté adorable du hamster qui les attire). Elles se mettent alors à chanter, et celle qui tient la note la plus longue gagne le cœur du mâle, complètement envoûté par le concert. Si vous entendez un jour une symphonie mélodieuse et presque irréelle lorsque vous vous promenez, ne cherchez plus, vous assistez à une battle dépassant toutes celles de l’émission The Voice. La “gagnante” chante pour le mâle deux jours durant avant l’accouplement. Pendant ce laps de temps, le passpouêt évite d’émettre le moindre son, de peur de gâcher la mélodie de sa belle. Auquel cas, il peut arriver qu’il laisse tout en plan et s’envole.

La “perdante” observe un comportement boudeur et chantera de dépit durant une semaine où il vaut mieux ne pas se trouver à proximité, sous peine d’être atteint(e) d’hallucinations musicales, dont les séquelles  peuvent se rapprocher d’un air qui tourne en tête tous les jours pendant trois ans et six mois.

Lorette Charlot

« ZLOBLOCHE »

 

L’origine de mot ou expression remonte à la nuit des temps. Les premiers hommes en découvrant le feu se seraient écrié ; « Zlobloche ». Ce qui aurait pu se traduire par : « Le feu ça brûle, l’eau ça mouille ! ». Mais nous ne sommes pas sûrs.

Une piste, les paléographes du néolithique auraient retrouvé des écrits sur les parois de cavernes. Mais certaines lettres étaient effacées et ils purent lire « Lolo », « zob » ou « boche ».

Ce qui avait suscité une foule de questions à savoir si les hommes des cavernes, qui ne savaient pas lire, connaissaient déjà des mots grivois.

 

L’expression « zlobloche » a perduré au cours des siècles et plusieurs sens lui furent attribués.

Jules César lorsqu’il reçut le coup de poignard mortel de son fils, aurait dit dans un dernier soupir ; « Zlobloche », et non « Toi aussi mon fils ? »

D’après de sérieux chroniqueurs de l’époque, ce mot semblait dire ;

« Même pas mal ! » ou « Tu diras à ta mère que je ne rentrerai pas dîner ce soir ! »

Un historien aurait même avancé récemment l’explication que le « zlobloche » de Jules César voulait dire ; « Petit crétin, je ne suis pas ton père. Ton vrai père c’est Dark Vador !».

 

Le grand savant grec Archimède lorsqu’il prit son bain moussant et qu’il s’aperçut que son corps flottait sur l’eau n’aurait pas crié ; « Eurêka ! », mais bien « zlobloche ! ».

Ce qui voulait dire : « A moi la gloire, le whisky et les petites pépées » ou « Je suis le meilleur », ou encore « I am the best ! »

 

L’expression fort intrigante, fut entendue les dernières fois pendant le mouvement hippie. Certains jeunes gens aux cheveux longs et portant la chemise à fleurs, qui faisaient la manche interrogeaient le passant d’un « zlobloche ?». Ce qui semblait dire « T’as pas cent balles ? ».

Aujourd’hui ce mot à plusieurs sens est tombé en désuétude.

Cependant, il fut rapporté par des sources non vérifiées, que cette expression fut écrite dans l’Est de la France, il y a quelques semaines à peine. Un fait extraordinaire.

Mais on ignore dans quelle circonstance mystérieuse ce mot « Zlobloche » fut entendu, plus précisément dans cet atelier d’écriture à l’université de Dijon.

Alain Damotte

Les Tikmos

 

L’oreille tendue, je percevais à peine quelques sons, des chuintements, des plaintes ?    
J’étais ému.

Des voisins qui n’entendaient rien se moquaient de moi. Ils partirent définitivement en faisant grand bruit.

Le silence tomba et je crus un instant avoir rêvé.

 

Le vent, d’abord léger, les ramena ; des vibrations se succédaient lentement, sans interruption.

Un souffle entraîna un cliquetis

qui déclencha un couac,

hellop,

aps,

ouach

oulalu…

enfin un couic aigu se prolongea puis se répéta longuement.

 

Alors le ciel se couvrit et un essaim de tikmos envahit l’espace ;

Nous avions mis des masques de plongée afin de pouvoir les observer.

Nous les connaissions bien et savions leur vie éphémère.

Au bout de soixante-six secondes, ils chutèrent et furent emportés par le vent qui se mit à tournoyer avec force.

 

C’était fini pour aujourd’hui. Il fallait revenir le lendemain à une heure précise liée aux horaires des hautes marées locales.

M d'Arbrelle

CHOUPINOU

 

Ce texte est extrait d’une publicité de la compagnie « Choupinou pour tous »

Un Choupinou est un adorable animal de compagnie asexué. Son pelage de couleur pastel est long, ce qui permet de le coiffer ; le Choupinou est très narcissique, il adore être coiffé de différentes façons et va ensuite s’admirer dans un miroir. Il est indispensable de fournir un habitat adapté à son Choupinou : un coussin très confortable, une gamelle marquée à son nom, un miroir et une penderie avec de petits habits à sa taille, sont la base nécessaire à son épanouissement. Il faut bien évidemment prévoir des élastiques et des barrettes adaptées.

Le Choupinou a de grands yeux bordés de très longs cils et passe son temps à admirer son maître. Ce qui peut être dérangeant dans certaines situations intimes.

 

Le Choupinou est très joueur mais il ne sait pas rapporter la baballe.

 

Le Choupinou déteste la solitude. Si on le laisse seul, il pense que son maître ne l’aime plus et manifeste son désespoir par de long sanglots stridents, et il fait aussi pipi partout.

 

Un Choupinou a une durée de vie de cinquante ans. En vieillissant, il devient encore plus collant et exige de plus en plus d’attentions.

 

Nous rappelons qu’il est impossible d’abandonner un Choupinou. La puce électronique que nous implantons à chaque propriétaire envoyant des décharges électriques à tout humain distant de plus de 30 mètres de son Choupinou, nous vous déconseillons tout éloignement.

 

Nous vous conseillons donc de bien réfléchir avant d’adopter un Choupinou et vous souhaitons de longues années d’amour réciproque.

Evelyne Lecoz

DEFINITIONS

 

PUNA : Nom masculin, invariable. Contraction de PLUS et d’ARGENT. Argot utilisé dans les années 60 par les yéyés pour signifier qu’ils n’avaient plus de sous.

Exemple : Je n’ai pas pû acheter le 45 tours de François Hardi, j’ai puna.

 

PETRICHOR : nom masculin, singulier, d’origine latine petrus chorum. Salle de concert utilisée uniquement par des chorales  masculines. Le nom féminin pour une salle de concert utilisée par des chorales féminines est PETRICHORA. Pour les chorales mixtes, on peut utiliser PETRICHORUS (qui concerne également les chorales composées de personnes de sexe indéterminé).

 

CLINAMEN : plante en port, dont le nom a été inventé par une personne dyslexique qui n’a pas été fichue d’écrire cyclamen correctement.

 

FOUTRIQUET : Un foutriquet est une personne qui n’est pas saine d’esprit et qui aime de façon immodérée  les triquets. Voir définition de triquet à la lettre T.

Evelyne Lecoz