CONTES ET LEGENDES
DE LA ROULOTTE

Les objets

Avec l'ABC 

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bourguignonne

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Les textes écrits en octobre 

Chaussure destinée à protéger la jambe jusqu'à la naissance du genou, élaborée dans un cuir souple dont la couleur et le texture s'apparente à un caramel sirupeux.

 

Plusieurs pièces de cuir sont assemblées par des coutures régulières et solides. Sur la face antérieure, à hauteur de la cheville, on peut distinguer une série de sept trous, de part et d'autre, destinés à recevoir des lacets. Cela confère à l'objet, à la fois, un caractère esthétique mais également une certaine flexibilité au moment d'enfiler la chaussure, donnant ainsi une certaine liberté à celui ou celle qui cherche à rester droit dans ses bottes. L'objet »botte » est maintenu par un support en bois garantissant ainsi sa conservation dans le temps. Une boucle située à l'extrémité haute et à l'arrière de la botte ainsi qu'une sorte de bouton au niveau de l'extrémité basse, cette fois, ornent la botte.

Quant à la taille, si l'on se réfère à la semelle on pourrait la situer aux alentours d'un 40 minimum. L'usure des semelles comme celle du cuir témoignent d'un usage approfondi de l'objet. 

 

Clé

D'où vient cet objet ?

Je suis posée sur ce clou, juste devant cette porte que personne n'ouvre jamais. D’ailleurs, plus personne n'ose entrer dans cette minuscule caravane abandonnée au fond de cette cité. Je trouve le temps long et j'aimerais bien que que quelqu'un-e enfin me prenne dans ses mains.

 

Accordéon

A qui appartient cet objet ?

Mes doigts rongés par l’arthrose pleurent devant cet instrument si souvent porté, le cuir en atteste. Combien de bals ? Combien de valses ? Combien de temps a passé depuis ce moment où ma mère me l'a posé sur cette petite table où j'ai appris à lire, où nous mangions serrés les uns contre les autres. Elle avait travaillé si dur pour m'offrir cet objet que j'ai caressé et qui me laisse une infinie tendresse au fond du cœur.

Agnès

  1. Paire de chaussures de jazz en cuir noir.

Fabriquées en Tunisie.

Etat global des chaussures : utilisées mais pas usagées.

Taille 38, pointure européenne. 6,5 pointures états-uniennes. 5 au Royaume Unis. 24 au Canada.

Etiquette : propre mais pas neuve.

Souples et pliables.

Le cuir n’est ni déchiré, ni déformé, ni fatigué, ni fripé, ni vieilli.

Le dos des chaussures n’est plus blanc mais bien gris et parsemé de paillettes. Lacets : état correct, une des extrémités légèrement tordue.

Intérieur : plus blanc non plus mais jauni. Caractères à demi effacés, on peut deviner une danseuse, juste en dessous des différentes tailles.

Bref. Chaussures pas mal portées mais portables, vendables (à un prix raisonnable, c.-à-d. presque rien), donnables.

Information supplémentaire, mais pas des moindres : aucune odeur de pieds nauséabonde ne s’en dégage.

 

  1. D’où vient l’objet (texte de Claudine).

Dans une vieille bibliothèque au fond d’une vieille roulotte abandonnée, se trouve un livre usagé, aux pages jaunes et tachetées par le temps.

Il ne reste plus beaucoup de ses confrères, disparus, volés ou envolés.

La poussière parsème le lieu. Le livre en est dépourvu.

 

  1. A qui appartient cet objet ? (texte de Gaëlle).

Âgée d’à peine plus d’une vingtaine d’année, Eléna s’est reconvertie depuis peu. Bien installée au cœur de sa roulotte toute colorée et qui donne envie de s’y lover, elle tire les cartes pour égayer ou alourdir les esprits curieux ou croyants qui viennent lui rendre visite. De ses mots tendres, doux, elle annonce avertissements, mésaventures ou toute autre joyeuseté.

Anouk

Objet choisi: livre « Les parfums et leurs influences magiques » Valentin Bresle Les Éditions des champs Élysées 1942 Couverture – page - feuille - qualité du papier Encre – couleur - noir et blanc Numérotation – recto – verso – nombre de pages Titre – sous titres Police – taille – dimensions caractères – épaisseur – format- reliure Imprimeur – référence – date Édition – éditeur – auteur – autrice – auteure – collection – catalogue -droits réservés – prix Livre – essai – roman – document – ouvrage – biographie – contenu – lexique L'annotation au crayon papier du prix du livre par le libraire. L'année de parution, vieillissement des pages jaunies tachées, stockage vertical sur une étagère à l'abri de la lumière pour nous parvenir presque quatre vingts ans après sa parution. Protection plastique comme un manuel scolaire mais l'odeur du livre c'est celle de l'ancien. La table des matières pour avoir une vision globale du contenu. La couverture avec ses encadrés, son titre, ses mots soulignés et certains en italique, pour nous donner l'envie de le parcourir puis de le lire.Il contient des dessins, schémas et croquis. Ce livre dont le contenu est le fruit d'un travail silencieux de recherche documentaires, d'expériences, d' hypothèses, de conclusions. Écrire pour être publier pour donner à lire son travail et partager avec les lecteurs. Rép

 

Où ? Cette carte fait partie d'un jeu complet de tarot qui se trouve dans une roulotte. Ce jeu de cartes appartient à une diseuse de bonnes aventures, il est ancien et rare.

 

À qui ? Ce sont des bottes cavalières appartenant à un écuyer qui dresse des chevaux sous le chapiteau du cirque. Avec sa chambrière il fait tourner un cheval sur la piste, sa partenaire effectue des figures en équilibre sur l'animal

Claudine

Helena entraîna Nadja dans les tentures de sa roulotte, dans un pandémonium de colifichets colorés. À peine le seuil franchi, elle s’affaissa dans ses multiples jupons, devant une petite table sur laquelle trônait, éventré, un jeu de tarot. La vieille cartomancienne fixa son regard perlé de vert et d’ambre sur la jeune funambule. D’un geste léger de sa main malandreuse, elle coupa les cartes avant de les étirer sur le tapis usé de la table. Ses poignets noueux disparaissaient sous les bracelets, d’argent et de pierreries.

Nadja n’eut d’autre choix que de tirer du jeu, ainsi étalé devant elle, l’une des soixante-dix-huit lames. Une carte de soixante millimètres sur cent-douze, cartonnée sur une épaisseur d’un millimètre. Une carte qui allait sceller son destin. Le dos de la carte lui rappela au toucher les craquelures et les nervures d’un vieux cuir.

Helena anticipa son mouvement, et reprenant la lame, la retourna elle-même d’un geste souple de la main. L’espace était saturé de silence. Seuls tintinnabulaient les nombreux colliers qui ornaient, comme des serpents, le cou de la vieille gorgone. Le recto laissa apparaître, entourée par un fin liseré noir, l’un des vingt-deux arcanes majeurs : la figure du bateleur. Bateleur, le mot était inscrit en majuscules, et barrait le bas de la lame. Un jeune garçon coiffé d’un large chapeau rouge se tenait derrière une table. L’éclat de ses vêtements rouges et verts, contrastait avec l’aspect jauni de la carte. Dans sa main, un petit bâton. Sur la table aux pieds bleus : des deniers, une timbale, deux dés, une petite épée, trois billes, autant d’objets de tours de passe-passe. Un « un », écrit en chiffre romain, rappelait que cette figure énigmatique aux yeux sombres était la première lame du jeu.

Gaëlle

La clef

 

            La clef est banale. Une tige bien droite surmontée d'un anneau ovoïde. Quelques dents en créneaux réguliers : un grand fin, un petit fin, un trou, un grand large, un trou, un petit fin, un grand fin, au dessus d'une pointe arrondie. Une bague à l'autre extrémité précède un petit renflement suivi d'une boucle dont le ventre creux dessine un D majuscule inversé, qui pousse vers l'extérieur l'arrondi métallique en lui donnant une forme de flèche. Lisse et rugueuse à la fois, la rouille envahissante l'a constellée d'aspérités brunes au milieu desquelles brillent, disparates, quelques reflets argentés. Une étroite ligne de couture court sur toute sa longueur. L'usure a (aussi) laissé de discrètes cicatrices sur son corps pourtant bien conservé, toujours empreint d'une exacte rectitude et surmonté d'une tête que les ans n'ont pas su faire plier.

 

Où est l'accordéon ?

 En haut de l'armoire, au fond, derrière des piles de couvertures et de draps soigneusement pliés, se trouve un accordéon quasi neuf. Oublié là par celui qui avait entrepris d'apprendre à en jouer, et qui a bien vite renoncé à son projet, après seulement quelques piteux essais. Rangé d'abord sur une étagère du milieu, il a grimpé progressivement jusqu'à la planche la plus haute, puis a été subrepticement relégué aux oubliettes, poussé dans le néant des souvenirs par d'autres objets venus sans vergogne se placer devant lui.

 

À qui sont les bottes ?

 L'homme est rigoureux en tout : dans sa mise comme dans ses actes, rien ne dépasse. Il aurait fait un bon militaire, mais il a, au lieu de cela, choisi l'univers du cirque. Bien loin de la fantaisie que l'on prête généralement aux artistes, il fait preuve d'une maniaquerie maladive. Tout doit être parfait, toujours, et lorsqu'il entre en piste sur son cheval impeccablement brossé, dans son costume lumineux et avec, aux pieds, ses bottes cirées, luisantes et parfaitement ajustées, il est systématiquement accueilli par des exclamations d'admiration.

Hélène

Deux chaussons de danse noir, taille 38, en assez bon état et fabriqués en Tunisie. En cuir souple avec des lacets noirs et des coutures faites à la machine. De la marque Domyos de chez Décathlon, étiquette noire et grise au nom de la marque en haut et à gauche de chaque chausson. Semelles intérieures blanches et un peu jaunies avec une étiquette indiquant le nom du chausson (Leather Black Jazz Dancing) et ses différentes caractéristiques ainsi que son code barre. Les semelles extérieures sont grises, un peu sales avec quelques paillettes argentées.

A qui est cet objet ? (texte de Pascale)

Cet accordéon appartenait à Raoul ou plutôt aux Raoul (s) … De père en fils, de roulotte en roulotte, de place en place, de bal en bal, l’instrument jouait, dansait et se léguait. On le surnommait le Rouge-Gorge.

Laetitia

Petit, il tient sur un genou

Fermé, l’avant se compose de chaque côté de deux bandes verticales en bois serties en haut et en bas par des plaques de métal arrondies en quart de cercle. Ces bandes de bois sont peintes de motifs floraux or sur fond noir ; elles encadrent des lignes verticales dorées serties elles aussi de plaques de métal et composant le soufflet. Le fond se présente comme l’avant, prolongé sur le côté droit par une plaque de bois uniformément noire, arrondie en haut et en bas, sur laquelle sont fixés, côté avant de l’instrument, sur 2 rangées, une vingtaine de boutons de couleur ivoire ; à l’arrière de cette plaque, est fixée une boucle en cuit noir.

Sur le côté droit de l’instrument, une toile grossière est protégée par une plaque de métal ajourée, dessinant quasi des ogives, le côté gauche est en bois peint en noir, percé de trous circulaires laissant apparaître la même toile grossière, et sur ce côté est fixé un bouton, également couleur ivoire.

A l’avant, côté gauche, se trouvent 8 boutons, toujours couleur ivoire, sur 2 rangées, la rangée intérieure sur une baguette de bois noir surélevant les 4 boutons.

Sur le dessus et sur le dessous de l’instrument une courroie de cuir noir, fixée à une de ses extrémités par un rivet, et s’accrochant à un petit piton de métal à l’autre extrémité, ferment l’instrument. Si on les décroche, l’instrument peut d’ouvrir, dévoilant un soufflet d’un beau rouge vif.

 

Où se trouvent les chaussons de danse

Au village, à côté de la boulangerie en face de la droguerie, s’est ouvert une curieuse boutique, à l’enseigne encore plus curieuse, « Le Grenier de ma Tante ».

En rentrant de l’école, les enfants s’arrêtent devant la vitrine avec de grands yeux étonnés, écarquillés pour tenter de voir un peu plus à l’intérieur.

La vitrine n’est pas celle d’une boutique de vêtements, ni d’une mercerie, ni d’aucun commerce précis. Des objets hétéroclites s’y côtoient, une robe de laine noire au corsage pailleté, des bottes en cuir de cavalier, un petit vase en verre soufflé dans lequel est glissé un bouquet de renoncules en tissu, une tenture qui semble venir des Indes, un gilet rouge brodé, un panier rempli de pelotes de laines, des chaussons de danse noirs.

Cela pourrait faire bazar, mais pas du tout : il en ressort une impression de délicatesse, de charme confortable. Celle qui a disposé la vitrine a pris son temps et le résultat est harmonieux.

On imagine la tante, une vieille dame habillée de gris perle, aux cheveux gris bien coiffés, parlant d’une voix douce mais ferme, et époussetant les bibelots de son salon avec un plumeau comme on n’en trouve plus.

 

 

A qui appartient la clé

La ferme se compose d’un corps de bâtiment en U. la famille habite le bâtiment central, le fond du U, devant une grande cour bordée par les 2 branches du U ; d’un côté les bêtes, de l’autre les granges avec le foin, le grain et les outils.

La cour est claire, orientée au sud, et malgré les rideaux au crochet posés aux fenêtres, le soleil entre dans la cuisine, la grande pièce de vie.

Sur la porte, une vieille clé un peu rouillée. Elle est dans la serrure, à l’extérieur ; les fermiers ne craignent ni les voisins ni les étrangers qui pourraient passer. Oh non, ils sont tous bien accueillis.

La famille, c’est-à-dire, le père et la mère, le fils, la fille, et aussi le grand-père et la grand-mère, les parents de la mère. Au jeu des 7 familles, La famille Fermier est au complet.

Et tous semblent heureux : la mère chante quand elle est à l’ouvrage, c’est-à-dire toute la journée, entre la cuisine, le raccommodage, la lessive, et le reste. Le père sifflote dans l’étable, le fils part aux champs le sourire aux lèvres, la fille raconte en riant à sa grand-mère comme les poussins piaillaient ce matin et comme la chèvre est venue se frotter contre elle, et le grand-père chantonne en aiguisant les outils.

Tous semblent heureux. Et pourtant….

Pascale