CONTES ET LEGENDES
DE LA ROULOTTE

Les personnages

Avec l'ABC

  association

bourguignonne

 culturelle

Les textes écrits en novembre 

Photos /portraits

Samy, clown professionnel, est tombé tout petit dans une bouffée de sourires. Parcourt la France à bord d’une estafette rafistolée, de scènes en scènes, toujours prêt à jouer.

Suzanne, secrétaire médicale depuis 5 ans. Après un échec sur les bancs de la fac de pharmacie, s’est lancée dans des ateliers de trapéziste avec Georges. Participe souvent à des scènes de ménage tout public.

Éléonore, funambule classique et navigatrice à ses heures perdues par mers et forêts.

Étienne et Victor, amis d’enfance depuis la maternelle, amateurs de charcuterie artisanale ; tuent souvent le cochon pour festins amicaux.

Cléopâtre, aussi blanche que l’écume ; recherche la galop juste et le cavalier exigent.

Louise, Sarah , Orane et Léna, revendicatrices du port de la jupe à pois ou sans, participent chaque 28 du mois quand c’est un dimanche à un concours de grimaces décomplexées.

Sigmund, acrobate guitariste à temps plein depuis 2 fois 10 ans au moins dans la troupe : « Porte ton costard noir un samedi sur deux ».

Valentine, intermittente aussi souvent qu’elle peut, ne sort jamais sans son chignon façon ficelle sisal. Préférerait être brune.

Salomé Bracassé, ne jure que par le sable et la planche pour mettre en scène une équipée d’équidés au galop. Adorerait chevaucher une nouvelle aventure par les océans.

 

À la manière N. Sarraute

C’est tout à fait elle, oui on pourrait le résumer ainsi. Vous n’avez pas eu cette chance incroyable, partager la loge exiguë de Salomé Bracassé , ça ne se raconte pas, non. Ben, oui ça laisse des traces, je sais, oui. Enfin, vous le savez on peut le dire, hein, nous qui avons eu ce luxe existentiel. Comme tu causes Jeannot. N’empêche ... Qui pourrait parler de … voyons ce qu’on appellerait son… Enfin sa... Hein Étienne, tu en sais un rayon sur le sujet. Ou peut-être toi Paulo ? Sacré Paulo, tu lui as titillé le chignon à Mademoiselle Bracassé. Enfin, non, la Bracassé, hein comme l’appelait la grande Joséphine. Ben oui faut dire qu’elle était blonde presque blanche encore à 30 ans. Ouais enfin moi je dis quand même qu’une blondeur pareille c’est suspect. Ah, t’es jalouse, toi Sarah, c’est normal. Moi pas du tout. Vous êtes dégueulasse ! Vous balancez des horreurs sur elle parce qu’elle, elle tournoyait sur son trapèze, sans qu’une seule mèche du chignon ne s’échappe. Ouais et ça c’est pas donné à n’importe qui. Mais tais-toi donc Paulo, arrête de te remonter le bourrichon. Avec son chignon et son trapèze. Eh, les gars, vous vous rappelez comme elle se la jouait avec son chignon façon ficelle. Comment déjà ? Son chignon ? Sisal. Ah oui. Sisal, c’est ça. Ah, elle s’y croyait, la Salomé, hein Jo sur sa petite piste aux étoiles de merde. N’empêche, il était magnifique son chignon avant de rentrer sur scène. Oui, oui, enfin c’était pas Sissi Impératrice non plus. Ce qu’il y a de sur, mon petit Paulo, c’est qu’elle t’a brisé le cœur en quatre, chignon ou pas. Ouais peut-être mais sans Salomé pas de cachet et sans cachet plus de piste et sans piste plus de quoi bouffer…

Agnès

19 : Ses ami.e.s la surnomme Cheval. Depuis longtemps déjà. D’abord ses ami.e.s du lycée, à cause d’une photo où elle dansait, elle ressemblait selon eux à un cheval. Le surnom avait disparu, elle les voyait moins. Puis il était revenu, avec d’autres, pour une toute autre raison. Maintenant, elle ne savait plus vraiment : serait-elle réellement un cheval ?

 

60 : Elle n’a jamais supporté l’immobilité. Et elle a toujours voulu que cela se remarque. Alors elle a trouvé quelque chose pour que les autres le voient toujours : elle danse, elle bouge, elle sautille, et elle porte des robes. C’est beau, ça bouge, ça tourne, ça virevolte.

 

69 : Un jour, lorsqu’elle était encore très jeune, Emilie a trouvé une boîte. Une boîte qui ressemble à un livre, ou un livre transformé en boîte, elle ne sait pas. Elle y range ses secrets, ses souvenirs, et ne la quitte jamais. C’est son trésor d’enfant, d’adulte-enfant.

 

90 : Jérôme a peur du vide. Non pas de la hauteur, mais bien de tout le vide autour de lui. Alors souvent, pour s’apaiser, il se pend au plafond, comme le cochon de la chanson. Et il observe ce vide d’en haut pour trouver comment le combler.

 

52 : Toujours pressé, jamais posé. La vie roule à une vitesse phénoménale et il ne veut pas la louper, il veut rouler avec elle. Toujours équipé d’une mallette qui le rend plus petit encore qu’il ne l’est, et toujours avec ses petites jambes, il court, vite, dans la course de la vie.

 

78 : Muette de naissance, isolée depuis son plus jeune âge, elle a trouvé son repos. Depuis petite, dans le haras de ses parents, elle se sent apaisée uniquement vers Phoenix, son cheval, lorsque son père lui joue des airs, en l’observant d’en haut avec sa guitare, chaque dimanche en fin de journée. 

Anouk

Les  comédiennes sont dans les coulisses, parmi elles, Isabelle, un bandeau sur les cheveux, concentrée pour se maquiller. L'exercice est difficile avec les lunettes, réaliser un maquillage de spectacle. Les comédiennes ont très peu de temps pour se préparer. Une robe trapèze avec un cerceaux pour l'ampleur, enfilée par dessus un justaucorps et un collant sombres. Ces robes de couleur claire doivent occuper l'espace pour être dans la lumière.

            Dans cette grande loge qui n'est rien d'autre qu'un bus, plus le temps de réfléchir, c'est trop tard, il faut y aller. Isabelle se dit qu'elle est folle d'avoir accepté de monter sur scène avec ces jeunes comédiennes, elles ont l'insouciance de la jeunesse. Pourtant elle se sentait adulte, une grande qui raisonne, qui a de l'expérience et du recul sur sa vie.

            Finalement je pense qu'elle a eu raison de prendre ce virage à 180 degrés, aller au bout de ses rêves. Réussir à dépasser ses appréhensions et faire fi de ce que l'on pense d'elle.  C'est au final faire preuve d'une grande maturité en adoptant cette vie de saltimbanque après la banque, ses codes et sa monotonie. Isabelle trouve sa nouvelle vie riche, palpitante et enfin en accord avec elle-même.

Claudine

Véronique est une enfant de la balle ou presque. Petite fille, marchant à peine, elle devint vite la mascotte du cirque Perlimpinpin. Ses rires et ses cris couraient dans tout l’espace.

Maintenant elle a vingt-cinq ans. Son job : costumière, aidée de Mamimadeleine qui lui a appris le métier. Toute la journée, Véro plonge dans les pièces de taffetas brillant, de velours somptueux, de paillette. Ce monde coloré la ravit. De plus elle connaît tous les artistes.

Aujourd’hui, à la pause, elle rencontre Martin et Joël, ses copains préférés. Elle leur raconte l’histoire du « tigre qui pète » … et qui a tant effrayé son chien. Celui-ci a couru à toute vitesse se cacher dans les jambes de sa maîtresse.

Elle rit à gorge déployée, en racontant pour la troisième fois cette anecdote, tout en secouant sa chevelure blonde.

Le chien paraît tout penaud.

Les deux jeunes hommes ne seraient-ils pas en train de tomber amoureux d’elle ?

Pour l’instant Véronique jouit de son insouciance.

Qui vivra verra.

Danielle

Lili et Lulu nées en 1998, séparées à la naissance. Elles viennent de se retrouver, inscrites toutes les 2 dans la même école de costumière.

Alfredo né le 21 mai 1952 En Italie. Ses parents sont venus En France en 1959, À Lyon où il a passé son enfance. Alfredo a toujours rêvé d’être marionnettiste et a pu réaliser son rêve.

Marcel né le 6 juin 1942. A beaucoup déménagé dans son enfance au gré des mutations de son père militaire. Banquier dans sa vie professionnelle, installé à Bordeaux pendant 30 ans depuis sa retraite il a pris la route et propose des spectacles aux enfants.

Amandine né le 18 août 2001. Née dans un cirque son père est dresseur de chevaux sa mère écuyère sa carrière était toute tracée jusqu’à ce qu’un accident l’empêche de suivre les traces de ses parents.

Pierre, 3 avril 1992. Élevé par son père en solo, professeur de danse. A déjà une vingtaine de carrière à son actif dans des domaines très variés (ambulancier, chauffeur, clown, costumier, animateur chanteur, commerçant, ). Ne tient pas en place dès qu’il s’installe quelque part quelques mois plus tard il repart !

Gérard 31 septembre 1975 grand héritier de domaine viticole Gérard n’a jamais eu besoin de travailler. Sa passion du cirque et du spectacle l’emmène à prêter régulièrement son château et les terrains qui l’entoure pour que des spectacles puissent avoir lieu.

 

Elles sont drôles … Tellement semblable et des vies si différentes … Enfin leur enfance surtout… Et en même temps quelle histoire… Dire qu’elles ne se connaissaient pas il y a 6 mois encore… oh mais quand même quelle idée… Oui terrible … L’une à Marseille l’autre à Brest… Tellement incroyable… qu’est-ce qu’elles se ressemblent …oh oui indissociables… Et inséparables maintenant… Lulu n’est plus jamais triste depuis leur rencontre… alors qu’avant… Pareil, Lili n’est plus la même… Certaines fois je me demande même si c’est bien la Lili que je connaissais… toujours dans ses pensées… Ah c’est vrai, tu as raison, et quelle étourdie elle faisait… Ah là là c’est sûr elle rayonne tellement maintenant notre Lili… par contre, ses surnoms ridicules … Bah si ça leur fait plaisir… Ça leur fait peut-être du bien aussi… En tout cas se retrouver enfin… On a du mal à s’imaginer….Sûre qu’elles ne s’imaginent plus l’une loin de l’autre… et quel goût pour le costume… Ce sont vraiment de grandes professionnelles… Tellement complémentaires aussi dans leur travail…Et ce goût du détail qui change tout...

Frédérique

La mort du père

 

Il paraît que Le Père est mort… Le père ?... Le Père : visage ovale, large estafilade, sourire priapique… Le père des Trois Frères ?... Je l’ai croisé un soir : il sortait d’une voiture dans un parking désert… Toi, dans un parking désert ?... Lui, dans un parking désert ! Une mèche de cheveux dressé sur la tête, comme ça, comme la hampe d’une flèche… Il trafiquait… De l’alcool… Oui ! Ses joues rubicondes et son nez grêlé comme par des scories : l’alcool ! On raconte que, dans le milieu, il pouvait être aussi implacable qu’un pitbull… Un pitbull malade alors. Un pitbull pas loin de faire un dernier saut chez le véto. D’ailleurs, ils en disent quoi de sa mort dans le journal ?... Foie trop gras ?... Ennemis trop proches ?... On dit juste qu’il laisse trois fils… Pauvres gosses… Tu parles, ils ont la quarantaine bien frappée. De la mauvaise graine comme leur père !... Le fruit n’est pas tombé loin de l’arbre, comme on dit… L’avenir de la contrebande assuré… Sauf pour le dernier… Le dernier, on dit, on raconte, enfin c’est la rumeur qui court… que ce ne serait pas le fils de son père… Je le savais ! Ces yeux délavés et ce corps laiteux : ça ne cadrait pas. Parfois c’est comme ça, ça ne cadre pas et ça vous occupe l’esprit que ça ne cadre pas, ça vous chiffonne, ça vous gratouille comme un bout d’étiquette mal coupé…

Ce ne serait pas eux dans la rue… Les deux en chemise blanche et cravate noire et celui en chemise noire et cravate blanche. Tel Père, tels fils… Ou pas.

Gaëlle

Biographèmes

● La fausse blonde. C'est une vraie brune, au sens intellectuel du terme. Issue d'une dynastie de crétins notoires, elle ne va jamais aux réunions de famille sans sa perruque péroxydée : on ne lutte pas contre son besoin d'appartenance ...

● La fausse moche. C'est une vraie beauté, au sens miss-francesque du terme. Issue d'une lignée de Quasimodos, elle ne se présente aux déjeuners dominicaux qu'affublée de son affreux masque. On ne peut rien contre le besoin d'identification maternel.

● La véritable horrible. Elle ne peut pas se passer de son visage de latex, son garde-fou contre les reflets dégoûtés que lui renvoient sans cesse les miroires, les vitrines et les yeux de sa mère.

● Le mec au foulard blanc. Il conserve son écharpe en permanence, même au lit, pour cacher la disparition de sa pomme d'adam. Personne  ne connaît les circonstances exactes de cet événement.

● Le gars en noir. Daltonien sévère, il ne parvient pas à accepter son handicap et tente de le masquer au reste du monde en se faisant passer pour un artiste original au look volontairement monochrome. Il souffre de coulrophobie aiguë et n'a qu'un bras, mais ne se considère pas comme manchot.

● La grosse à la valise. Elle a le projet de devenir la plus grosse femme du monde. Pour ce faire, elle transporte avec elle, où qu'elle aille, une ou deux énormes valises de nourriture. Sa méthode est un échec relatif : elle a, certes, un gros derrière, mais les efforts fournis pour balader son imposant paquetage ont musclé ses bras de manière impressionnante.

● Le vieux. Il a eu une longue vie bien remplie dont il ne dit jamais rien à personne. C'est un mystère.

 

 

Jaenarraute ...

 

C'est le plus âgé de nous tous ... Qu'est-ce qu'il fait avec nous d'ailleurs ? ... Il s'habille tout en noir lui aussi, j'aime bien ... Et il porte une valise ... C'est une des miennes, il ne faut pas qu'il oublie de me la rendre ... Il a des cheveux blancs et une moustache noire. Ça ne va pas ensemble ... Vous croyez qu'il se teint ? ... Quoi ? Les cheveux ou la moustache ? ... Se teindre la moustache, c'est bizarre ... Se teindre les cheveux en blanc aussi ... Peut-être qu'il n'est pas si vieux ... Peut-être qu'il veut juste en avoir l'air ... Mais pourquoi quelqu'un voudrait-il avoir l'air vieux ? ... Il y a bien des filles qui veulent avoir l'air blondes ... Ou des filles qui veulent avoir l'air moches ... D'accord, mais elles, on sait pourquoi ... Se donner l'air plus âgé, c'est bizarre ... Surtout à notre époque ... Et au prix de la chirurgie esthétique ! ... Peut-être que c'est par conviction personnelle. Une sorte d'automanifestation contre le jeunisme ... C'est con de manifester tout seul sans que personne sache pourquoi ... Ça n'a pas de sens ... Comme les régimes pour grossir ... Ta gueule ! Je ne te demande pas ton avis ! ... Il marche tout le temps derrière, vous avez remarqué ? ... Oui ... Pourquoi il fait ça ? ... Bein, moi, j'ai toujours cru que c'était parce qu'il était plus lent, comme un vrai vieux, mais si c'est un faux, ça change tout ... Il a des secrets ... Toi aussi ... Oui, mais les miens, tout le monde les connaît ... Alors que lui personne ne sait ... Tout le monde, qui ? ... Tout le monde, vous ! ... Nous, ce n'est pas tout le monde ! ... C'est vrai, nous ce n'est pas n'importe qui ... OK ! On se calme : je voulais juste dire que lui, c'est personne ... Bein si, c'est quelqu'un : c'est le vieux aux cheveux blancs, à la moustache noire, qui marche derrière nous et dont on ne sait rien. C'est un mystère ... Moi aussi, je suis un mystère. Vous ne savez pas pourquoi je ... Si ! On sait ! ... On fait juste semblant de ne pas savoir ... Pour te faire plaisir ... Parce qu'on t'aime bien ... Et aussi parce que tu es vraiment pénible quand tu te vexes ... Moi ? Mais tu n'as qu'à carrément dire que je suis susceptible ! ... Bein ... Non ! Tais-toi ! Après, il va vraiment se vexer et on en aura pour des heures ! ... Oui. On parle du vieux, là, ne nous égarons pas ... On en parle, mais on en dit rien ... Si ! On a dit qu'il était mystérieux ... C'est sûr, avec ça, on est bien avancés ! ... Vous croyez que c'est un espion ? ... Il espionnerait quoi ? ... Je te rappelle qu'on est pas tellement intéressants ... Un peu fêlés, un peu bizarres peut-être, mais pas intéressants ... Qui l'aurait envoyé d'après-vous ? ... Personne ... Bein voilà ! ... Bon, je récapitule, encore : donc, c'est un vieux, peut-être jeune, qui est avec nous mais on ne sait pas pourquoi, qui n'est probablement pas un espion vu qu'on n'a rien à cacher, même pas nos secrets. Bref c'est un mystère ... Il vous dérange, vous ? ... Non ... Bof ... Moi, je m'en fous ... Pareil ... Pas du tout ! ... On n'a qu'à le garder, alors ...

Hélène

Lily a 35 ans, suite à un accident, elle est devenue amnésique. Elle doit tout réapprendre et réinventer. Elle suit depuis 6 mois le stage d’équithérapie proposé par l’association : « Les chevaux dans la plaine ».

 

Véronica a 25 ans, elle vient d’Irlande où elle termine des études de langues. Elle a choisi la Bourgogne pour son stage de fin d’année. Avec deux de ses compatriotes, elle se rend à un festival de théâtre de rue dans la campagne du châtillonnais, elle rencontre Marc : comédien et informaticien qui vit avec son chien Youki. Tous les trois vont devenir inséparables mais ne le savent pas encore.

 

Elle s’apprête à monter sur scène pour la dernière fois. Elle ne le sait pas. Ce soir, elle tombera et ne se relèvera pas. Elle a tout juste 40 ans, pas d’enfant. Une vie de saltimbanque, petite provinciale montée à Paris pour jouer la comédie, elle a réussi son pari. Malgré les recommandations de la famille et des amis. Elle a fait sa vie, ne l’a pas vu filer, elle n’a rien a regretté, elle a aimé, elle a joué, elle a pleuré, elle a brillé auprès de certains et s’est éteinte.

 

Lily est triste, seule ou peut-être pensive voire inquiète. Elle est assez grande bien qu’assise sur la photo, elle est corpulente. Vêtue d’un jean, de 2 teeshirts et de chaussures qui ressemblent à des kickers avec une queue de cheval, les cheveux un peu bouclés et assez clairs.

Pas très féminine pour la prise. Elle n’était peut-être pas au courant, elle ne sait certainement même pas ce qu’elle fait là, à attendre que sa mémoire revienne ou pas. A qui ressemble-t-elle ? Un peu des deux mais plus à sa mère : une femme forte et robuste, pas commode au premier abord mais très généreuse au fond.

Laetitia

Photo 45 Les lunettes posées sur le bout de son nez, elle a un regard à la fois bienveillant et attentif. Ses cheveux noirs et longs sont tirés vers l’arrière mais quelques cheveux se sont échappés et participent à l’impression de douceur. Elle semble écouter quelqu’un qu’on ne voit pas ; ou bien s’interroge-t-elle sur une décision à prendre ? les sourcils, noirs comme les cheveux, sont bien dessinés et soulignent le regard. On sent que son front se plisse pour accompagner la réflexion, et dans son travail, elle est entièrement tournée vers la recherche de la meilleure décision à prendre pour le bien de tous. Visiblement, elle aime ce qu’elle fait, mais ne semble pas s’y perdre. Non, je la crois équilibrée et tranquille tant dans sa vie personnelle que dans sa vie professionnelle. Elle est lumineuse sans être éblouissante. Sans doute est-elle rassurante pour ceux qui l’entourent. Son calme doit apaiser les inquiets, désarmer les énervés, conforter les timides.

 

Photo 16 biographie sommaire C’est un gamin. Pas encore assez grand pour monter un cheval, il est sur un poney, juste à sa taille. Mais le casque et la tronçonneuse lui donnent une allure de « grand ». Il vit dans le cirque depuis longtemps ; il n’y est pas né, non, ce n’est pas un enfant de la balle, mais adopté par toute la troupe, il l’est devenu. Il est arrivé un soir, les yeux à la fois terrorisés (que venait - il de vivre ? nul ne le sait) et illuminés : il n’en avait jamais vu « en vrai », mais il avait souvent rêvé d’un chapiteau, de clowns, de cavaliers, de jongleurs, de trapézistes. Et quand il était dans son rêve, il se voyait marcher sur un fil ou bien cavalier. Marcher sur un fil, c’était la concentration, le silence, l’équilibre, le mouvement lent, le balancier, et puis en hauteur, au-dessus du sol, pas trop, mais déjà dans les lumières. Cavalier, c’était la rapidité, l’agilité, et la voltige ; sauter, descendre et remonter sur le dos du cheval au galop, d’un coup de talon dans la sciure de la piste ; c’était le bruit des sabots, le contact avec l’animal, sentir ses réactions, les maîtriser, les contrôler, les accompagner dans le mouvement. On l’avait accueilli simplement, on lui avait bien posé quelques questions, mais devant son mutisme, on ne l’avait plus interrogé. Il avait observé, on l’avait observé, on avait guetté ses peurs, ses enthousiasmes, ses capacités. Il avait essayé aussi. Le fil, trop haut finalement, et puis cela demandait trop de contrôle, trop de calme, pour lui qui était si fougueux. Et il avait aimé le contact avec l’animal, bien plus qu’il ne l’avait imaginé, cela visiblement l’apaisait, le réconfortait.

Pascale